image hostWookey Story - Ne vivre qu'à fond

Tome 1 : 1966 Les débuts

Pré-Saison à Enna-Pergusa 27 Avril

Oh ! mais je vais trop vite ! L'histoire ne commence pas à Syracuse... Profitant des vacances de Pâques, nous nous sommes retrouvés avec quelques autres équipe dès le mercredi autour du Lac de Perguse, à 5 km d'Enna.

L'autodrome était désert, à part les quelques privés en goguette comme moi et sur cette piste ultra rapide, nous avons pu faire tourner les moulins sans trop user les pneus. Le V12 Maserati sonne comme une bruyante symphonie à quelques centimètres de mon dos et ce gros trois litres secoue la frêle Cooper à l'accélération. à Autodromo Pergusa.
Je sors secoué de mon cockpit après quelques tours et me trouve nez à nez avec un type colossal et hilare taillé comme un deuxième ligne de rugby. Et pour cause, c'est Guy Ligier.

« Alors gamin ? Ca te change de ta mobylette ? »
Il a 36 ans, et c'est vrai que je pourrais presque être son fils... Avec mon mètre 65, je lui arrive à la poitrine et doit lever la tête pour répondre les yeux dans les yeux.

« C'est costaud, oui. Mais c'est pour çà que je suis là »

Il esquisse un sourire et retourne bricoler son moteur. Il a fait le même choix que moi, une Cooper Maserati, mais je sais qu'à part la langue nous n'avons rien en commun pour le moment. Il me prend pour un fils à papa. Il n'a pas tort. Même si l'an dernier j'ai bien gagné ma vie avec mon commerce, mon père a payé les murs du garage et çà m'aide bien. A moi de prouver sur la piste que j'ai ma place.

Je traine vers lui au moment ou il remet son casque :
« Ca vous gène si je vous suis sur un tour ? »
...

« Ha ha ha ha ha ! tu doutes de rien petit ? Essaie déjà, de rester derrière moi, on verra plus tard si tu es capable de me gêner autrement qu'en jouant les chicanes mobiles »

Je sais qu'il connait le circuit, je me dis qu'en le suivant, j'ai une chance d'apprendre les trajectoires plus vite. Je remonte dans la Cooper et je monte sur le circuit en surveillant mes rétros. La voiture toute bleue arrive bientôt et j'accélère tout en le laissant me déborder. Sa Cooper est la jumelle de la mienne, je crois que le même camion nous les a livrées en provenance d'Angleterre quelques jours plus tôt.
Voilà... je suis bien lancé et j'arrive à prendre sa roue. Avec l'aspiration, je compte rester bien au chaud et étudier la piste sur un tour, mais à peine un demi tour plus tard, à la sortie du virage Pinela, je me fais décrocher. Et pas moyen de revenir, je perds au total 3 secondes en un tour.

Je fais encore quelques tours puis m'arrête, la tête basse, j'enlève mon casque.

« Hé gamin ! c'était pas mal du tout ! tu pouvais pas savoir que la piste est plus froide à Pinela. J'ai fait 5ème ici en F2 l'an dernier. Continue à apprendre, çà viendra »
Ceci dit sur un ton bourru, mais je le prends comme un encouragement. Je change quelques réglages de suspension et je repars pour une série de 10 tours. Je gagne encore deux secondes, mais il est temps de plier... 3 heures de camion pour aller à Syracuse, je dois penser aussi au repos de mes deux mécanos avant les essais officiels.
Oh! but I'm going too fast! The story does not begin to Syracuse ...
Taking advantage of the Easter holidays, we ended up with some other team on Wednesday around Lake Pergusa, 5 km from Enna.

The racetrack was deserted, except for some privateers like me and on this super fast track, we were able to run the mills without undue tire wear. The Maserati V12 sounds like a noisy symphony a few inches from my back and this big three-liter shake the frail Cooper at acceleration.

I go out of my cockpit shaken after a few laps and found myself face to face with a huge and hilarious type cut as a rugby prop. And
for good reason, it's former French international Guy Ligier.

"So kid? Faster then your moped, huh? "
He is 36 yo, and it's true that I could almost be his son ... just over 5ft 4in, my eyes faces his chest and I must raise my head to meet him eye to eye.

"It's tough, yes. But that's why I'm here "
...
He smiles back and tinker with its engine. He made the same choice that me, a Cooper Maserati, but I know that apart from the language we have nothing in common yet. He sees me as a spoiled brat. He is not wrong.
Although last year I have earned my living with my trade, my father paid the walls of the garage and it helps me much. I must gain my place on the track.

I dragged towards him when he puts his helmet:
" Would it bothers you if I follow you on one lap ?"

"Ha ha ha ha ha! you doubt anything smaller? Just try to stay behind me, we'll see later if you are able to constrain myself other than playing the mobile chicanes "

I know he knows the circuit, I tell myself that following him, I have a chance to learn the tracks faster. I go back in the Cooper and I ride on the track watching my mirrors. Theall blue car is coming soon and I accelerate while leaving him overpass me. His Cooper is the twin of mine, I think the same truck shipped both from England a few days earlier.

There ... I'm well underway and I get to take his wheel. With the draw, I intend to keep warm and to study the track one lap, but barely half a lap later, at the exit of turn Pinela, I am stall. And no way back, I loose a total of 3 seconds a lap. I still do a few laps and then stop, head down, I take off my helmet.

"Hey kid! it was not bad at all! you could not know that the track is cooler in Pinellas. I have done here fifth last year in F2. Still learning, things will come..."

That said in a gruff voice, but I take it as an encouragement. I changed some suspension settings and I'm leaving for a series of 10 laps. I win another two seconds, but it is time to fold ... 3 hours by truck to go to Syracuse, I'm also thinking of resting my two mechanics before official practice.

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